Parole d’experte – situation de handicap : en parler dans sa candidature ?

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L’idée de mentionner un handicap sur un CV ou lors d’un entretien peut être source d’appréhension. « Vais-je être jugé ? Ma candidature sera-t-elle écartée ? ». Ces craintes sont légitimes.
Pourtant, aborder le sujet dès le départ est souvent la première étape vers une collaboration transparente, équilibrée et durable.

Parole de conseillère en évolution professionnelle – Par Cécile Fréry, de la PFRH Occitanie à Toulouse

Pourquoi franchir le pas ?

Déclarer votre situation de handicap et faire valoir votre reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), c’est avant tout reprendre la main sur votre parcours.

  • L’authenticité comme atout
    Cela démontre une honnêteté et votre capacité à gérer votre situation que les recruteurs apprécient. Vous ne cachez rien, vous avancez en connaissance de cause.
  • Éviter les malentendus
    Si votre handicap nécessite des aménagements (horaires adaptés, matériel spécifique, organisation particulière), l’évoquer dès le départ permet de vérifier immédiatement si l’administration est en mesure de vous accueillir dans de bonnes conditions.
  • Choisir votre employeur
    La réaction face à votre annonce est révélatrice. Une posture fermée ou négative est souvent le signe d’un environnement dans lequel vous ne pourriez pas vous épanouir durablement. À l’inverse, une écoute constructive est un indicateur fort de maturité et d’ouverture. C’est un excellent test d’inclusivité.

Plus d’informations sur les concours et les dispositions relatives aux personnes en situation de handicap sur le site SCORE

Quels bénéfices concrets pour vous ?

Au-delà de l’aspect humain, déclarer votre situation vous ouvre des droits spécifiques. En effet, des voies d’accès à la fonction publique vous sont réservées.

Le recrutement par voie contractuelle directe
Vous pouvez être recruté en CDD sur un emploi de catégorie A, B ou C, puis titularisé sans concours à la fin de votre contrat, sous réserve que vos aptitudes professionnelles soient reconnues suffisantes.

Les avis de recrutement sont publiés sur le portail de la fonction publique et sur les sites des administrations concernées. En règle générale, le contrat est conclu pour un an (renouvelable si nécessaire). À son terme, votre aptitude professionnelle est évaluée au vu de votre dossier et d’un entretien devant un jury. En cas d’avis favorable, vous êtes titularisé.

Les aménagements d’épreuve
Des adaptations sont prévues pour les concours, examens et procédures de recrutement afin de tenir compte de votre situation. Elles peuvent concerner la durée des épreuves, leur organisation ou la mise à disposition d’aides humaines et techniques.

Concrètement, il peut s’agir d’un temps supplémentaire (souvent majoré d’un tiers), d’un agrandissement des sujets, de la présence d’un secrétaire, d’une composition en braille, ou de tout autre dispositif adapté à vos besoins.

Ces aménagements sont mis en place par l’autorité organisatrice, avec un objectif clair : garantir l’égalité des chances tout en prenant en compte votre situation individuelle.

Le recrutement et la titularisation d’apprentis bénéficiaires de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés

Depuis 2020, une procédure spécifique permet la titularisation des apprentis bénéficiaires de l’obligation d’emploi à l’issue de leur contrat d’apprentissage dans la fonction publique.

La titularisation n’est pas automatique : vous devez candidater et il est nécessaire que l’employeur dispose d’un poste vacant. L’employeur examine alors votre dossier en tenant compte de vos compétences, de votre motivation, de votre parcours, de votre bilan d’apprentissage et de votre connaissance de l’environnement professionnel.

Le mot de la fin : Votre handicap ne définit pas votre talent. En revanche, un environnement adapté lui permet de s’exprimer pleinement.

Oser en parler, c’est s’assurer de trouver la place que l’on mérite vraiment.

Comment aborder le sujet ? 

Il n’est pas nécessaire de détailler votre pathologie. Cela relève de votre vie privée.

 

L’essentiel est de formuler les choses en termes de besoins et de solutions :

 

« Je suis en situation de handicap, ce qui n’impacte pas mes compétences en [votre métier], mais nécessite simplement [un écran spécifique / une flexibilité horaire le mardi matin / un siège ergonomique]. »

 

Vous recentrez ainsi l’échange sur l’essentiel : vos compétences, et les conditions simples qui vous permettront de les exercer pleinement.

 

Pensez également à mentionner votre RQTH sur votre CV.
Une simple indication, par exemple dans vos informations personnelles ou dans une rubrique dédiée (« RQTH »), suffit. Il n’est pas nécessaire d’entrer dans le détail mais vous pouvez, si vous le souhaitez, préciser également si des aménagements de votre poste sont requis (« sans aménagement de poste », « avec aménagement matériel du poste », « avec aménagement existant », etc.).

 

Cela permet :

  • d’ouvrir clairement la possibilité d’aménagements,
  • de rendre visible votre éligibilité aux dispositifs spécifiques,
  • et de lever toute ambiguïté dès l’étude de votre candidature.

Mentionner votre RQTH n’est pas une obligation, mais un choix stratégique et personnel. L’important est qu’il vous corresponde et serve votre projet professionnel.

 

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